Il est temps que ça change

Publié le par kevfr50

Salut à tous, je vous avais annoncé dans mon précédent billet que le meeting d'hiver prendrait enfin son envol ce week-end. Malheureusement, le spectacle ne fut pas vraiment au rendez-vous, ou alors dans le mauvais sens du terme. Et c'est un véritable coup de gueule que j'ai envie de pousser ce matin contre certains professionnels, mais aussi contre les médias qui semblent avaliser ce qui peut se passer en piste, même si les parieurs se trouvent lésés.

Même s'il y a à dire sur le Critérium des 3 ans, je vais surtout m'attarder sur le Prix du Bourbonnais, celui qui peut le plus prêter à polémique, et je vais revenir sur deux cas qui peuvent sembler similaires pour certains, mais qui sont pourtant bien distincts. A tout seigneur tout honneur, Ready Cash était affiché favori de cette seconde préparatoire à l'Amérique, malgré le fait qu'il s'agissait là d'une rentrée aux 25m, même s'il était le double tenant du titre de la course. Son mentor Thierry Duvaldestin avait prévenu avant la course qu'il était compétitif, à condition d'avoir le bon parcours. Ce ne fut pas le cas car, pour une fois, aucun wagon de 3 ne s'est formé, et donc impossible pour le crack de la casaque Allaire de progresser et de revenir disputer les premiers rôles comme il en avait l'habitude, Franck Nivard ne lui faisant effectuer que la ligne droite, très belle au demeurant puisqu'il fut chronométré sur le pied de 1'06.


J'ai lu et entendu beaucoup de commentaires désobligeants à l'égard du cheval et de son entourage après la course, qui m'ont étonné car il n'y a absolument rien d'anormal ou de décevant à la performance du cheval, qui n'a tout simplement pas eu les conditions pour s'exprimer comme il avait pu le faire lors des deux éditions précédentes. Il faut bien comprendre que c'est le Prix d'Amérique que l'on prépare ici, et que le Bourbonnais n'est qu'une course préparatoire. Il serait donc totalement idiot de donner au cheval une course dure pour sa rentrée simplement pour sauver l'argent des parieurs. Personne n'a voulu se dévouer pour former le wagon de l'extérieur, et ainsi ramener Ready Cash sur un plateau. On serait tenté d'écrire que c'est de bonne guerre et qu'il est étonnant que ses rivaux n'aient pas appliqué une telle tactique auparavant. A une époque pas si lointaine, les champions qui préparaient l'Amérique et devaient rendre 25m dans cette épreuve se contentaient généralement de ne faire que la ligne droite avant de courir beaucoup plus sérieusement dans le Prix de Bourgogne, et c'est ce qui va se passer cette année.

Le cas de Texas Charm est assez différent. Nous avions là un cheval qui avait 3 parcours de rentrée dans les jambes, et qui trouvait là un engagement idéal au premier poteau, étant acquis qu'en classe pure il est du même niveau que Ready Cash, c'est un grand champion et avant le coup on ne voyait pas comment il pouvait être battu à la régulière, d'autant que Julien Dubois avait annoncé dans la presse qu'il comptait jouer le coup à fond.

Quelle ne fut pas la surprise des observateurs (moi compris) de voir le fils de J. Ph. Dubois reprendre en partant pour se positionner en dernière position du peloton du premier poteau, juste devant Ready Cash qui lui était parti correctement des 25m. De plus, devant le rythme sénatorial imposé en tête par Soleil du Fossé, on n'aurait pu légitimement penser que le driver de Texas Charm passerait le peloton en revue pour venir aux avants postes très facilement et sans fournir d'effort considérable. Il aurait ainsi pu contrôler la course à sa guise et s'imposer aisément.

Mais voilà, Julien Dubois a préféré rester là, courant un peu pour son cheval mais surtout contre Ready Cash, contre les parieurs, comme l'écurie Victoria Dreams en a l'habitude depuis plusieurs années maintenant. Bien sûr, le cheval a fourni une ligne droite de toute beauté, laissant la plus belle des impressions, mais aussi énormément de regrets pour ceux qui l'avaient joué, se pensant pris, à juste titre, pour les dindons de la farce. Le tout avec l'aval implicite des médias hippiques, qu'il s'agisse d'Equidia ou de Paris-Turf, qui ne pipent mot de cette mascarade dans le but de rester dans les bonnes grâces de professionnels qui méprisent les gens grâce à qui ils peuvent vivre, car ne l'oublions pas, c'est bien l'argent des parieurs qui fait fonctionner toute la filière hippique. Le manque d'esprit critique et de pertinence de certains dans un tel cas a de quoi déranger, tout au moins.

Il serait bon que le Cheval Français, s'il le veut réellement, se penche sur ce problème, et oblige au moins les entourages des chevaux à annoncer clairement leurs intentions avant une course, surtout quand il s'agit de celle qui est support du quinté, qui constitue la vitrine des courses hippiques et qui draine énormément d'enjeux, d'autant plus quand il s'agit d'une préparatoire à l'Amérique. A l'heure où tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut redorer un peu le blason de notre sport favori, ce qui s'est passé ce week-end n'a fait que mettre un peu plus en relief l'urgence de la chose.

Publié dans Actu hippique

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HibouLugubre 10/12/2013 08:51

Entièrement en accord avec votre analyse. Dès le début de la course j'étais furieux d'être pris pour un con par Julien Dubois et c'était pire quand il a fini à la place du con pour les parieurs alors que l'entourage du cheval ramasse quand même une alloc. A quand une belle alloc pour les 3 premiers et une nettement moindre pour les 4° à 7° ? La (grande) famille Dubois est souvent illisible dans ses intentions à courir ou pas ses chevaux. Il faudrait pouvoir leur dire leurs quatre vérités entre quatre yeux. Merci pour votre intervention.