Edito : et si les joueurs faisaient grève ?

Publié le par kevfr50

Un billet matinal en forme d'appel à la révolte, la grève du PMH qui perdure depuis un moment maintenant étant le ticket qui fait déborder la panière de paris perdants... 

Entendons-nous bien, et expliquons tout d'abord le pourquoi de cette grève : les salariés du PMH font grève à cause de la récente annonce par France Galop et Le Trot d'un plan social prévoyant la dissolution pure et simple du PMH. En gros, cela signifie qu'il n'y aura plus de guichets humains sur les hippodromes parisiens (Longchamp, Vincennes, Enghien etc. en y ajoutant Deauville et Chantilly, concernés également), et que ces derniers seront remplacés par des bornes pour parier. 

Si ces salariées du PMH, qui sont plus de 200, sont certes grassement payés pour au final un nombre d'heures ridicule, leur présence reste à mon sens indispensable. Le guichetier c'est celui que l'on aime voir après un pari gagnant, il donne tout son sens à des expressions bien connues du jargon hippique comme "voir la tête du guichet", "passer à la caisse", "être déjà au guichet", et j'en passe. C'est tout simplement le lien humain entre la masse des joueurs et les instances, bref, c'est l'essence des courses et du pari.

Voir les architectures souvent classieuses et anciennes des hippodromes parisiens souillées par l'arrivée massive de bornes de paris est une perspective très peu ragoûtante pour bon nombre de joueurs de la vieille école qui passent leur temps sur lesdits hippodromes et qui à la longue seront tentés d'aller faire autre chose de leurs après-midi. 

J'ajoute qu'en plus, lors d'un pari gagnant, la borne ne rembourse pas en espèce mais offre gracieusement des chèques paris du montant gagné, obligeant le parieur à forcément réinvestir son gain... Imaginez : vous trouvez un trio bien lucratif dans la 3e à Auteuil et vous ne pouvez voir la couleur de votre oseille qu'au travers d'un ticket pari alors que vous vous imaginiez déjà fêter cela dans un bon restaurant ou offrir un bracelet plaquet or à madame. Beurk.... C'est pourtant bel et bien ce qui vous attend sur les hippodromes franciliens. 

A un moment où tout le monde se plaint de la désertion des hippodromes, y compris lors de belles réunions (voyez dimanche dernier à Longchamp alors qu'il y avait deux groupes I au programme), voilà une nouvelle de plus qui ne va surtout pas engager les turfistes à se rendre sur le champs de courses . Et on les comprend totalement. 

Ce problème des guichetiers du PMH peut sembler banal pour nous autres parieurs, mais il s'inscrit dans le marasme global dans lequel sont en train de plonger les courses petit à petit, et à cet égard les turfistes sont très loin d'être épargnés, entre les bugs à répétition du PMU, y compris lors de grandes réunions comme lors du Critérium des 4 ans, la multiplication des réunions bidons à l'autre bout du monde ou les rapports parfois ridicules dans certaines courses où la cote d'un cheval peut fondre de moitié entre le départ et l'arrivée d'une course. 

Alors oui, dans ces circonstances, les parieurs auraient bien le droit de faire grève. Le PMU ne jurant que par les chiffres, boycotter toute une journée de courses de temps à autre aurait un poids considérable, beaucoup plus que des lettres de revendications du Mouvement des Parieurs qui ne sert au final pas à grand chose et qui ne se préoccupe que d'une infime partie des problèmes rencontrés par les joueurs depuis un certain temps. 

Ceci étant dit, le volet sportif, nettement plus intéressant, démarre dès ce vendredi avec la rentrée de Trêve, la double-lauréate de l'Arc qui va cette année tenter le pari fou d'en remporter un 3e, et qui revient en piste à Saint-Cloud dans le Prix Corrida. Voilà un challenge qui ne peut que faire du bien aux courses en ce moment. 

Puis ce week-end, ce sera le Jockey-Club à Chantilly, avec nos meilleurs 3 ans, sans oublier en Suède l'Elitlopppet dans laquelle Timoko tentera de garder son titre, menacé par un autre français, Ustinof du Vivier, qui nous a montré de sacrés moyens dernièrement. 

Le spectacle proposé pendant ces 3 prochains jours ne va sûrement pas effacer tous les problèmes des courses actuellement, mais cela ne nous fera pas de mal de nous enflammer un peu. 

 

 

Publié dans Actu hippique

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