Un dimanche aux courses à Jarnac

Publié le par kevfr50

Un dimanche aux courses à Jarnac

L'actualité hippique a été très chargée ce week-end, entre la victoire magnifique de Belina Josselyn dans le Prix d'Eté, celle tonitruante d'Almanzor dans les Irish Champion Stakes, ou les fantastiques (!!) Arc Trials à Chantilly, mais non, mon petit billet du lundi sera pour vous raconter une petite journée sur un petit hippodrome de province, Jarnac en l'occurrence. 

 

 

Car c'est des courses dans leur essence dont on parle ici, loin de l'immense foule de samedi à Vincennes (notez que j'utilise beaucoup l'ironie en ce début de post) et de Paris en général, les petites pistes comme Jarnac représente la grande majorité des hippodromes français, champêtres, conviviaux, avec ses avantages et ses (parfois gros) inconvénients. 

Jarnac n'en manque d'ailleurs pas, mais au moment de repartir de l'Hippodrome du Quint, c'est quand même le plaisir qui prédomine, même si ce n'est pas le cas pour tout le monde. 

 

L'hippodrome est dans un câdre assez sympathique reconnaissons-le, en bordure de Charente, très ombragé côté tribunes, au moins on crêvera pas de chaud. Sans boxes, les chevaux stationnent au cul de leur van, à la bonne franquette, certains tapent d'ailleurs sur le sol de leur véhicule, histoire de montrer qu'ils sont là. L'odeur de crottin est bien présente, celle des saucisses grillées aussi. Pas de doute, on n'est pas à Paris ou à Deauville. Mais c'est aussi (surtout) ça les courses.

Au moment où nous arrivons, la 2e (en plat) est quasi courue, gagnée par mon favori, mince, on aurait dû arriver plus tôt. Pas grave, il y en a encore 6. Quand on débarque on est dans le dernier tournant, tout en bord de piste, à quelques mètres des chevaux en plein effort dans l'ultime virage, relevé, de cette piste en herbe de 1.000m. 

Ce qui frappe aussi, c'est que malgré la bonne foule présente, il n'y a que 5 guichets, avec une queue quasi permanente à chacun d'entre eux, avant, pendant, et après les courses. Va falloir s'y faire et s'adapter. Il y a deux lors de ma première venue sur cette piste, il y avait un bug informatique qui empêchait toute prise de paris, ou presque. La frustration avait été grande, on évitera donc qu'elle ne se reproduise ici. 

Pourtant, dès la 3e, elle va repoindre le bout de son nez la frustration. N'ayant pas vu les heats, canter (cette 3e course se court au trot vous l'aurez compris), je prends donc le temps de regarder les canters. Je remarque un débutant des frères Terry, Delta du Gers, bien détendu, et très mécanisé, le lot n'est pas fameux, ça devrait passer dans les 3 me dis-je. 

On file au guichet, mais on est à 3 minutes du départ, forcément, on peut pas être partout ma bonne dame. Queue de 20 personnes, on maudit le guichetier, les joueurs qui mettent un temps infini à ranger leurs tickets, et au final ce qui doit arriver arrive, la course part quand il en reste encore 6 ou 7 devant moi. Bon. Je regarde quand même la course, Delta du Gers finit second, comme prévu, tant pis. Promis pour la prochaine, on fera autrement. 

Elle se court sur les balais la prochaine, Jarnac étant un hippodrome mixte. 8 partants, j'ai noté Bacala la veille, donc je file au rond pour la voir, pas mal, je me colle dans la file du guichet, mais de là je peux voir la haie d'essai, pas fou le singe. Elle saute bien, détendue comme il faut avec du bon gaz. Jeu confirmé. Cette fois j'ai le temps, tout va bien. 

Revenu à ma position avec ma famille non loin du poteau d'arrivée, la course part, la favorite Cendrillon du Mou prend la tête, Bacala dans son sillage, première chute derrière à la 3e haie, le cheval se relève, pas le jockey, qui restera longuement à terre. La course se poursuit, avec le même ordre en tête, un autre cheval tombe sur la même haie que l'autre, mais cette fois Stahlachope ne se relève pas, malgré ses efforts, le jockey est indemne et reste auprès de sa monture. Le temps de ça, l'épreuve touche à sa fin, Bacala vient déborder Cendrillon du Mou dans les 200 derniers mètres et s'impose. Comme prévu, encore, cette fois j'ai eu le temps de jouer.

Tout va bien, de ce côté là au moins, car de l'autre côté de la lice, on essaie de relever Stahlachope, elle y parvient, mais elle a un postérieur de cassé. Vous le voyez venir, et moi avec, on ne peut éviter l'inévitable. Les hommes de piste arrive avec la fameuse bâche noire que l'on a jamais envie de voir. Tout ça me rappelle pourquoi je hais (!) l'obstacle. RIP Stahlachope. Les chevaux, bons comme très moyens, ne méritent pas ça, même si ça fait partie des courses. 

 

Dans tout ça, on va quand même profiter des animations gratuites offertes aux enfants, histoire de se requinquer, car même si au jeu cela s'est bien passé, le fait d'avoir assisté à une scène que je redoutais en venant prédomine sur la satisfaction d'avoir empoché quelques euros. 

Bref, on en revient aux bambins, il y a un gouter offert, allons y gaiement, il y a un tour à poney, on ira plus tard, on a le temps et mon plus petit de 2 ans et (presque) et demi y a droit si je le tiens, on reviendra donc après.

La 5e course arrive, sur les haies encore, mais pas envie de jouer, malgré la simplicité de déchiffrage qu'elle offre. Elle se court sans mes sous, et le papier se confirme en piste. Pas de casse cette fois. Ouf.

On attend tranquillement la 6e, toujours sur les balais, cette fois j'ai noté un des pénos du jour dans ce petit réclamer, Diamond's Tom, un François Nicolle en forme, qui vient de gagner. On va aller voir l'engin au rond. Il sort clairement du (petit) lot de 7 partants, il est magnifique, bien présenté. Jeu confirmé, évidemment. On retourne faire la queue au guichet, qui ne désemplit toujours pas, je vous avais prévenu. Comme pour la 4e, j'assiste à la haie d'essai depuis la file, elle se passe idéalement pour mon favori, on valide le ticket et on retourne à sa place. 

La course part, Diamond's Tom prend résolument la tête, d'autant qu'il ne faut pas trainer sur 3.200m. Il est détendu, tout va bien. Encore une chute, dès la 2e haie... C'est quand même fréquent ici. Peut-être que, comme l'a dit Gallorini, ce sont de mauvais entraineurs qui présentent des chevaux pas assez adroits sur l'obstacle. Ce n'est pas le cas de mon préféré qui mène toujours tranquillement sans trop en faire. Le seul que je redoutais avant coup, le Fertillet Boum Boum, revient dans son sillage. Dernier kilomètre, le mien repart un peu, toujours facile, et Boum Boum s'accidente sur la dernière haie avant le tournant. Quelle poisse. Diamond's Tom n'a plus d'adversaire, juste à assurer la der, ce qui est fait sans problème. On avait mis un peu, au moins de ce côté-là tout va bien, les hippodromes me réussissent cette année, après Royan et Cabourg. 

Dans tout ça, le programme a pris du retard et la 7e sera la dernière à laquelle on assistera. Mais avant, on va faire le tour à poney du petit, il n'a peur de rien, à part le casque qui l'enquiquinne et qui n'arrête pas de lui venir sur le nez, étant trop grand pour lui. Pas grave, on tient tout, le petit et le casque (oui j'ai 4 mains). Le tour à poney se termine sans fracas, c'était le premier pour lui, tout fier quand même.

Ah mais c'est que la 7e approche, c'est le grand Prix au trot, j'ai repéré Atome Desbois la veille au papier et en vidéo, il me semble au-dessus du lot, et les heats me l'ont confirmé. Il reste déjà 3 minutes, la file est monstrueuse. Visiblement on aura pas le temps de jouer, mais le cheval est 2,1. Sans doute un mal pour un bien car aux 25m et dans un lot touffu sur cette piste ce n'est pas toujours évident. 

La course part donc sans mes sous, et parfois le destin joue en notre faveur. Visiblement le driver d'Atome Desbois (qui est une terreur sur herbe et dans le Sud-Ouest cette année) n'a pas envie de s'intéresser à la course, il reste planqué aux derniers rang, et ça durera jusque dans la ligne droite, où il finira correctement au 8e rang. Un trou dans sa musique, pas un trou dans mon porte-monnaie. Aucun regret donc. Il doit viser autre chose. A suivre. 

Dans le coup, on va repartir, le temps d'encaisser les gains de Diamond's Tom. On passe devant l'enclos des vainqueurs où Akène du Berger (une ex-Guarato toujours sous sa propriété) a fini 4e, mettant fin à une kyrielle de mauvaises perfs, pourtant elle était bonne l'an passé. 

Allez, on y va, l'après-midi fut contrastée, mais au moins bonne au flambe, c'est tout de même pour ça que j'étais venu à la base, la famille contente aussi. C'est sympa les hippodromes, et ça peut potentiellement plaire à tout le monde s'il y a ce qu'il faut. On reviendra l'année prochaine, sans doute.

 

Bref (ou pas), c'était une journée aux courses, à Jarnac.

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