Edito : le lien est rompu

Publié le par Kev

Edito : le lien est rompu

Ce qui aurait dû n'être qu'un simple débat autour de la faculté ou non d'un crack, Bold Eagle en l'occurrence, à montrer qu'il est toujours là et bien là, est en train de se transformer en petite guerre entre l'entourage du cheval, qui n'a rien demandé, et le public, journalistes comme turfistes. 

Rappel des faits pour les passionnés qui auraient loupé un épisode, voire plusieurs : dimanche dernier à Vincennes a eu lieu le Prix de Bretagne, et Bold Eagle en a pris la quatrième place, sans éclat, certes en finissant avec les premiers mais en confirmant le manque de gnac déjà entrevu l'hiver dernier. Mais c'est un autre débat.

Problème qui intervient deux heures après la course : on apprend que le cheval a été victime d'un hématome une dizaine de jours avant la course, sautant deux boulots, et étant travaillé très dur le vendredi juste avant le Bretagne, ce dont il a pu "souffrir" le jour de la course. 

Pourtant, son mentor, à trois jours de l'épreuve, nous dit, en première page du Turf, que le cheval vole, qu'il est presque à 100% etc. De quoi rappeler Tiégo d'Etang dans ses grandes heures (les vrais savent de quoi je veux parler)... 

Depuis cela, le lien entre le cheval, ou plutôt son entourage, et le public, se désagrège lentement mais sûrement, et dernièrement son propriétaire Pierre Pilarski a sans doute achevé de le casser pour de bon avec le message ci-dessous : 

Edito : le lien est rompu

Cette ultime erreur de comm, n'en déplaise à M. Pilarski, est sans doute celle de trop. 

Tout d'abord, en effet, et sur ce point Pierre Pilarski a entière raison, Bold n'a pas à s'excuser de quoi que ce soit, et surtout pas de son palmarès, ou de son manque d'envie latent après tout ce qu'il a déjà réalisé. Rappelons qu'il évolue au plus haut niveau depuis 4 ans, ce qui de nos jours est une immense performance en soi. Les Timoko sont très rares, ne l'oublions jamais. 

Le premier point de discorde réside dans le fait que l'entourage estime ne pas avoir fait d'erreur de comm (jamais) jusque-là, alors même que pour un cheval de quinté, le fait d'avoir sauté deux boulots est habituellement mentionné dans les interviews d'avant-course, y compris celles de Sébastien Guarato d'ailleurs. 

Mais il semble que dès qu'il s'agit de Bold, la panique à bord soit de mise et que la transparence la plus élémentaire ne soit plus applicable, ce qui est tout de même bien dommage. 

Là où le vase commence à déborder, c'est au travers de ce message :

Alors me faire conspuer par des joueurs et des journalistes déçus d’avoir perdu les dix euros qu’ils avaient joué placé sur mon cheval cela me parait bien excessif et disproportionné !

Comment peut-on, après avoir "joué le jeu" depuis 4 ans autour d'un cheval pris en affection par une majorité de la France turfiste, avoir ce commentaire aussi condescendant que méprisant envers les joueurs ?? 

Tout d'abord, M. Pilarski semble légèrement oublier que les matelassiers, qui sont pour beaucoup dans les 1,10 de rapport placé engendrés par Bold lors de chacune de ses courses, ne jouent pas par 10€ mais plutôt par milliers, voire dizaines de milliers d'euros. 

De plus, il a aussi l'air de considérer que tous les gens qui sont déçus par ce qui se passe autour du cheval depuis quelques jours n'est que le fait de joueurs frustrés, mais pas de passionnés/suiveurs qui connaissent les courses aussi bien que lui sinon mieux. Que l'on ne me parle pas de maladresse, le message est écrit, et mûrement réfléchi par son auteur. 

De quoi faire en sorte que le divorce soit (volontairement) consommé entre M. Pilarski et l'opinion ? Fort possible. Les courses vont mal, elles n'avaient vraiment pas besoin de cela. 

Merci pour tout, M. Pilarski. 

Publié dans Actu hippique